La FIDH condamne fermement l’exécution de deux jeunes hommes après un procès injuste

Paris, 19 mars 2012 – Le 16 mars 2012, Dzmitry Kanavalau et Uladzislau Kavaliou ont été exécutés, deux jours après que le président Loukachenko a rejeté leur demande de grâce. Les deux hommes, accusés d’avoir organisé la puissante explosion qui s’est produite dans le métro de Minsk en avril 2011, avaient été condamnés à mort le 30 novembre 2011.

« Ces exécutions constituent une illustration supplémentaire de l’absence totale d’une justice indépendante au Bélarus, puisque la culpabilité des deux jeunes hommes n’a pas été clairement démontrée et le procès n’a pas été juste. Ces exécutions ressemblent à une façon de faire taire deux témoins gênants. », a déclaré Souhayr Belhassen, la présidente de la FIDH.

Les deux hommes avaient été arrêtés le 12 avril 2011. Ils étaient les principaux suspects dans l’affaire de cette explosion qui a tué quinze personne dans une station de métro de Minsk située à cent mètres de l’immeuble de l’administration présidentielle. Dzmitry Kanavalau et Uladzislau Kavaliou ont également été accusés d’avoir organisé des explosions à Vitebsk et à Minsk en 2005 et 2008.

Des témoignages contradictoires recueillis pendant le procès jettent le doute sur l’implication des accusés dans l’organisation de ces attentats. Dzmitry Kanavalau est revenu sur sa déclaration précédente, dans laquelle il avait reconnu avoir pris part à l’organisation des explosions en question, affirmant avoir confessé ces crimes sous la pression psychologique et la torture. De plus, les observateurs ont rapporté des violations importantes de la procédure pendant l’enquête préliminaire et pendant l’examen de l’affaire par la justice – des violations qui constituent une violation flagrante des droits des accusés à avoir un procès transparent et impartial. De même, ni le motif ni les circonstances exactes du crime n’ont été établis par la cour. Enfin, la cour a ordonné la destruction des preuves matérielles sur la base desquelles les deux hommes ont été condamnés.

« Le Bélarus est le dernier pays d’Europe à avoir recours à la peine de mort. 70 % des pays du monde sont abolitionnistes dans les textes ou dans la pratique. En procédant à ces exécutions, les autorités du Bélarus ont malheureusement décidé d’aller à l’encontre de la tendance progressive générale », regrette Souhayr Belhassen.

La FIDH appelle les autorités bélarusses à abolir la peine de mort pour tous les crimes et à adopter un moratoire immédiat sur la prononciation et l’exécution de la peine de mort.

Articles similaires

Mots clés:  

Laisser une réponse

Vous pouvez utilisez ces balises HTML: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>