Ales Bialiatski : « Je suis un contrevenant récidiviste ! »

Le défenseur des droits de l’homme a été sanctionné pour avoir sorti un bout de pain du réfectoire.

A la mi-juin, le directeur emprisonné du Centre de défense des droits de l’homme Viasna, Ales Bialiatski, prophétisait dans une lettre à son collègue Valentin Stefanovitch : « Il semble que les sanctions qui m’ont été récemment infligées ne seront pas les dernières ».

Les dernières nouvelles en provenance de Babrouïsk, où Ales purge sa peine, ont entièrement confirmé cette prédiction. Dans sa lettre du 5 août 2012 à Valentin Stefanovitch, il fait état de nouvelles sanctions prononcées à son endroit par l’administration de la colonie pénitentiaire N°2.
Voici ce qu’écrit Ales :

« Il s’avère que je continue d’enfreindre le « règlement sur le comportement des détenus ». La semaine dernière, j’ai eu droit à un procès-verbal et j’ai été privé du droit de recevoir un colis. Et aujourd’hui [le 5 août], j’ai été sanctionné pour avoir emporté sorti de la nourriture du réfectoire (j’ai emporté un bout de pain après le dîner). Ils vont sans doute dresser un procès-verbal demain. Ma sanction précédente, c’était pour avoir tendu un rideau devant ma couchette. L’un comme l’autre constituent une violation des règles. Bref, je suis loin d’être un détenu idéal… »

En réalité, les faits pour lesquels ces sanctions ont été prononcées n’ont rien d’exceptionnel dans les colonies pénitentiaires. Par exemple, le directeur de l’organisation d’information et d’éducation Platforma Andreï Bondarenko se souvient que lorsqu’il a été détenu à la colonie de Bobrouïsk, de nombreux prisonniers sortaient du pain du réfectoire, sans que quiconque ne s’en émeuve. Il est évident que dans le cas d’Ales Bialiatski, la direction de la colonie se montre partiale à son égard et s’efforce de mettre le prisonnier politique sous pression au niveau moral et psychologique.

Cette année, Ales Bialiatski a subi trois sanctions, ce qui a eu pour conséquences la baisse de la durée de visite de son épouse (de trois jours à un seul) et la réduction du volume des colis alimentaires qu’il est autorisé à recevoir (de 30 à 15 kilos). De plus, on lui a ôté le droit de recevoir les cinq kilos supplémentaires de fruits et légumes normalement autorisés en période estivale.

Ales lui-même s’efforce de tenir le coup et même de plaisanter, en dépit de la dureté des circonstances. Il en livre un exemple éclatant avec une caricature dessinée sur l’étiquette d’une de ces paires de gants qu’il est chargé d’emballer dans le cadre de son travail en prison.

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