L’Observatoire condamne les persécutions visant Tatiana Reviako

Paris-Genève, 20 août 2012

L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’homme, un programme conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), a reçu de nouvelles informations et demande votre intervention urgente dans la situation suivante au Bélarus.

Description de la situation :

L’Observatoire a été informé de source sûre que Tatiana Reviako, membre du Conseil du Centre de défense des droits de l’homme « Viasna », a été interrogée par le KGB.

D’après les informations que nous avons recueillies, le 17 août 2012 Tatiana Reviako a été convoquée au KGB en qualité de « personne informée de certaines circonstances importantes pour la sécurité nationale de la République du Bélarus ».

Tatiana Reviako a fait savoir que des agents du KGB l’ont interrogée sur la publication sur le site de Viasna, le 15 août 2012, d’une brève intitulée « À Moguilev, le KGB se mêle du processus électoral ». L’un des officiers lui a également montré un article publié sur le site charter97.org contenant la même information et intitulé « Le KGB de Moguilev terrorise les citoyens qui s’occupent du recueil des signatures ». Les officiers ont aussi voulu savoir quelle était la source de cette information et qui était l’auteur de l’article. Ils lui ont demandé si elle avait vérifié les faits mentionnés dans l’article, affirmant que la publication de telles assertions sans preuves pouvait conduire à discréditer les organes de la sécurité d’État de la République du Bélarus. Finalement, T. Reviako a reçu un avertissement pour avoir publié une information non vérifiée sur le site Internet de « Viasna ».

Cependant, malgré toutes ces critiques en paroles, les agents du KGB auraient reconnu devant T. Reviako qu’ils n’avaient pas de raisons juridiques d’entamer des poursuites contre elle.

L’article en question décrit les agissements d’un officier du KGB de Moguilev, qui est entré de force dans l’appartement de Vladislav Iarochev — collecteur de signatures et étudiant à l’Université d’État de Moguilev — et a voulu savoir combien d’argent celui-ci avait reçu pour son travail de collecte de signatures et qui gérait cette opération. Il a menacé V. Iarochev de le faire exclure de l’université à cause de son travail pour un candidat de l’opposition, et lui a proposé de collaborer avec le KGB.

L’Observatoire condamne fermement le harcèlement de Tatiana Reviako, qui apparaît comme une sanction directe de ses activités dans le domaine des droits de l’homme.

L’Observatoire est particulièrement préoccupé par le fait que la pression sur T. Reviako et sur les défenseurs des droits de l’homme dans leur ensemble se soit globalement accrue dans le contexte pré-électoral actuel, à un moment où le Centre de défense des droits de l’homme Viasna et le Comité Helsinki bélarusse effectuent un monitoring du processus électoral dans le cadre de la campagne « Les défenseurs des droits de l’homme pour des élections libres ».

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