Les pressions sur la militante des droits de l’homme Tatiana Reviako augmentent

21 septembre 2012

Les organes du fisc se sont joints à la campagne visant à intimider Tatiana Reviako, membre du Conseil du Centre de défense des droits de l’homme Viasna et présidente de la Maison bélarusse des droits de l’homme à Vilnius. L’inspection du ministère des impôts et des taxes de la République du Bélarus exige que T. Reviako fournisse une déclaration sur ses revenus et son patrimoine concernant les sept dernières années.

« Conformément à l’article 12 de la Loi de la République du Bélarus « Sur la déclaration par les personnes physiques de leurs ressources et de leur patrimoine », vous êtes dans l’obligation de présenter, d’ici au 3 octobre 2012 au plus tard, une déclaration sur vos revenus et votre patrimoine pour les années 2004, 2005, 2006, 2007, 2008, 2009, 2010 », expose le courrier daté du 18 septembre, signé du directeur adjoint de l’Inspection fiscale du district de Pervomaïskoé, Vassili Ivanovitch Malachenka.

Il faut souligner que ce courrier des services du fisc suit de près un regain d’intérêt des organes de la sécurité d’État pour la militante : le 17 août 2012, Tatiana Reviako a été convoquée au KGB pour une conversation. Il faut aussi souligner que parallèlement, les services spéciaux ont convoqué pour de semblables conversations des participants aux Universités d’été sur les droits de l’homme organisées à la Maison bélarusse des droits de l’homme de Vilnius. Ils voulaient tout particulièrement découvrir qui s’occupait des aspects organisationnels et financiers de leur présence à ces universités d’été. De tels cas se sont produits non seulement à Minsk mais aussi en province.

Tout cela ne ressemble guère à une série de coïncidences. Surtout si l’on tien compte du fait que Tatiana Reviako a été interrogée en tant que témoin dans l’affaire du directeur du Centre de défense des droits de l’homme Ales Bialiatski au Département d’enquêtes financières, et a fait une déposition pendant le procès tenu au tribunal du district de Pervomaïski de Minsk. Au procès, elle avait confirmé qu’Ales Bialiatski avait régulièrement transféré sur ses comptes à elle une certaine partie des sommes destinées à la mise en œuvre d’activités de défense des droits de l’homme. Mais en s’appuyant sur l’article 27 de la Constitution, Tatiana a refusé de dire comment ces sommes avaient été dépensées, c’est-à-dire à qui elles avaient été transmises, dans quel but, etc.

Tatiana Reviako et ses collègues ne doutent pas que les mesures prises actuellement par les organes du fisc sont liées à ses activités professionnelles et, au-delà de son cas personnel, aux pressions exercées sur le Centre de défense des droits de l’homme Viasna, qui n’a pas cessé de fonctionner malgré l’arrestation d’Ales Bialiatski. Ces pressions contre Tatiana Reviako constituent un élément supplémentaire des poursuites constantes contre les représentants de Viasna. Elles s’inscrivent fort logiquement dans le tableau général des dernières décisions du pouvoir en matière de répressions contre les défenseurs des droits de l’homme « insubordonnés » : arrestation du dirigeant de l’organisation Ales Bialiatski, condamnation à des amendes exorbitantes de son adjoint Valentin Stefanovitch, par ailleurs inscrit illégalement dans une liste de personnes interdites de quitter le territoire national, confiscation des bureaux de Viasna…

 

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