Les locaux et les biens de Viasna ont été confisqués

26 novembre 2012
Les bureaux et les locaux du Centre de défense des droits de l’homme ont été confisqués.
C’est dans ces murs que, douze ans durant, Viasna a prêté assistance aux citoyens victimes de répressions, tenu des conférences de presse sur les violations des droits de l’homme et organisé diverses actions en faveur des droits de l’homme.
Ce matin, des huissiers de justice et des policiers se sont rendus dans les locaux du Centre. Ils ont procédé à la saisie des biens et apposé des scellés. L’appartement situé au 78a, prospekt Nezavisimosti, restera sous scellé aussi longtemps que le défenseur des droits de l’homme Ales Bialiatski, qui y est enregistré, se trouvera en prison. Ce n’est qu’une fois que le prisonnier politique aura recouvré la liberté que la question de la confiscation de l’appartement sera réglée.
Les membres de Viasna estiment que c’est de cette façon que les autorités « célèbrent » le premier anniversaire de la condamnation du directeur du Centre, Ales Bialiatski. Le 24 novembre 2011, il a été condamné à quatre ans et demi d’emprisonnement et à la confiscation de ses biens, prétendument pour fraude fiscale à grande échelle.
Quelques minutes avant la confiscation des locaux et des biens, le directeur adjoint du Centre de défense des droits de l’homme Viasna Valetin Stefanovitch a lu une déclaration adoptée par le Conseil de l’organisation. Ce texte reconnaît que la perte de ses locaux constitue un sérieux coup porté à Viasna, mais affirme que les activités de l’organisation ne prendront pas fin pour autant. Le Centre va continuer à aider les gens dont les droits sont violés et à suivre de près la situation globale des droits de l’homme au Bélarus :
« Bien sûr, cela nous complique la vie. Mais nous continuerons de fonctionner dans tous les cas de figure. Nous étions préparés à une telle décision. Car cela dure depuis longtemps maintenant. Les décisions du tribunal sont officiellement entrées en vigueur depuis le mois d’août et doivent être appliquées. À vrai dire, je suis même étonné qu’on nous ait permis de rester dans ces locaux aussi longtemps, y compris pendant les élections, alors que nous effectuions un monitoring de la campagne et du scrutin.
Bien sûr, nous avons un pincement au cœur, car nous avons travaillé pendant douze ans dans ces murs. Tous les activistes bélarusses ou presque savent où nous trouver. Il est très important pour nous que nos bureaux soient connus, que les gens sachent comment venir nous voir en cas de besoin. Même si nous perdons nos locaux, nous ne disparaissons pas, nous allons continuer de travailler».
Beaucoup de gens sont venus faire leurs adieux à cet endroit qu’ils connaissaient bien. Il y avait là non seulement des membres de Viasna, mais aussi des collègues et des amis de l’organisation, en particulier Alexandre Milinkevitch (Mouvement « pour la liberté »), Inna Kouleï (Comité de défense des victimes de répressions « Solidarité »), Andreï Alexandrov (BAJ), Andreï Bondarenko (« Platforma »), Raïssa Mikhaïlovskaïa (« Centre de défense des droits de l’homme »), Oleg Voltchek (« Assistance juridique à la population ») et d’autres encore.

Articles similaires

Mots clés:  

Laisser une réponse

Vous pouvez utilisez ces balises HTML: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>