ALES BIALIATSKI FAIT PARTIE DE LA SHORT-LIST DU PRIX INDEX ON CENSORSHIP

Le directeur emprisonné de Viasna, Ales Bialiatski, détenu à la colonie pénitentiaire de Bobrouïsk, continue de recevoir des lettres et des cartes postales en provenance du monde entier. Mais si l’effervescence constatée à l’occasion des fêtes de fin d’année s’est estompée, le prisonnier politique reçoit certains jours jusqu’à une centaine de courriers. La géographie de la solidarité est toujours aussi étendue : Pologne, Pays-Bas, Allemagne, Suède, Suisse, Belgique, Luxembourg, Autriche, Républiquetchèque, Islande, États-Unis, Canada, Irlande, Japon, Kenya…

Certains expéditeurs tracent soigneusement dans leurs cartes des vœux en bélarusse : « Ales, ia doumaiu pra tsiabe, ia jadaiu tabe dabra ! » (Ales, je pense à toi, je te souhaite le meilleur), une formule proposée par Amnesty International dans le cadre de sa campagne de solidarité. D’autres doublent ce message de sa traduction dans leur propre langue. Et il y a toujours ceux qui veulent en dire un peu plus à Ales, lui faire part de la façon dont ils perçoivent sa situation, ou encore le réconforter, entretenir son espoir d’une libération prochaine.

« Holly, d’Edinburgh (Canada), écrit qu’un tiers des affaires dont s’occupe Amnesty International se terminent positivement. Je me demande si mon cas appartient au tiers heureux ou aux deux tiers malheureux… Le temps le dira »,confie Ales, toujours à la recherche de motifs d’optimisme. « J’ai reçu une carte en provenance du Kenya, envoyée par des parents éloignés et des jeunes gars que je connais bien. Il y en a un dont je me rappelle bien quand il avait trois ans ! Au cas où, ils ont écrit sur l’enveloppe : EUROPE, BELARUS. Peut-être que cette précision n’était pas superflue pour les postiers africains… Mais le résultat me semble symbolique : le Bélarus en Europe. À nous, maintenant, d’en prendre conscience. »

« Je sais beaucoup de choses sur votre situation. Il y a quelques jours, j’ai organisé des « Journées du Bélarus » à l’Université de Lodz. Avec d’autres étudiants, nous avons discuté de votre lutte pour les droits de l’homme. Je pense à vous, je parle de vous autour de moi, je prie pour vous… Soyez fort ! », écrit l’étudiante Marta, qui vit dans la ville polonaise de Zgierz. Ales confie ensuite : « À vrai dire, je me sens un peu mal à l’aise quand je reçois de telles lettres. J’ai toujours l’impression que ce n’est pas pour moi, que ça ne parle pas de moi. Je me sens soulagé une fois que je vous en parle. Je pense, j’en suis même sûr, que désormais ces mots ne sont plus pour moi seul. »

Dans les lettres envoyées depuis sa prison, Ales Bialiatski a souvent souligné que les messages de solidarité qui lui sont adressés de l’étranger sont, en réalité, des messages de soutien à tous les Bélarusses.

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