Des écologistes arrêtés avant la marche annuelle de Tchernobyl.

La dirigeante de l’organisation « Ekodom », Irina Sukhy ainsi que les activistes Vasily Sinyukhin, Konstantin Kirilenko, Olga Kaskevich ont été arrêtés dans le centre de Minsk, à proximité de l’itinéraire prévu pour la « Marche de Tchernobyl ».

On a su par la suite que Irina Sukhy a été arrêtée devant son domicile après qu’elle ait mis dans sa voiture des pancartes avec des slogans antinucléaires, qu’il était prévu d’utiliser durant la Marche de Tchernobyl. Des individus en civil, qui s’étaient présentés comme des politiciers, lui ont alors affirmé qu’il y avait des cambriolages dans les appartements du quartier. Ils ont utilisé cet argument pour obliger Irina Sukhy à se rendre au commissariat. D’autres activistes ont été arrêtés en même temps qu’elle. Ils ont tous été installés dans une fourgonnette grise sans immatriculation.

Irina Sukhy a été conduite au commissariat du quartier Pervomaïski où elle a été retenue trois heures. Les policiers  ont justifié leur geste en expliquant qu’il était nécessaire d’établir l’identité de la militante écologiste.

Les activistes antinucléaires ont été libérés dès la fin du rassemblement. Leurs numéros de passeport ont été relevés. Manifestement, les activistes ont été arrêtés afin de les empêcher de participer au cortège.

Tatiana Novikova, activiste du mouvement antinucléaire a été bloquée dans son appartement avant le début du rassemblement. D’après le site eurobelarus.info,  deux voitures de policiers se trouvaient devant son immeuble.

A Maladetchna, les policiers ont également arrêté le leader de la campagne «La centrale nucléaire d’Astravets est un crime», Nikolaï Ulasevich.

Tatiana Reviako : le pouvoir craint même les écologistes

Tatiana Reviako, membre du centre de défense des droits de l’Homme « Viasna », a commenté l’arrestation de plusieurs activistes antinucléaires avant la marche de Tchernobyl :

L’arrestation des écologistes est due au fait que ce sont des gens qui s’occupent également des questions liées à la construction de la centrale nucléaire d’Astravetz, ont pris à cet égard une position plutôt ferme, et le font savoir publiquement. Ce ne sont pas la première fois que des activistes se font arrêter, c’est déjà arrivé il y a quelques années. Les conséquences de Tchernobyl est un sujet épineux dans notre société.

La militante des droits de l’Homme a également souligné que le pouvoir avait de fait pris la décision de construire la centrale nucléaire sans prendre en compte l’opinion publique :

Les décisions se prennent comme s’il n’y avait pas de population, c’est-à-dire que le pouvoir n’a pas besoin de la population. Les gens qui expriment des opinions différentes des décisions officielles attirent sur eux une attention accrue. Je ne suis pas étonnée de ce qui s’est passé même si c’est, une fois de plus, douloureux et regrettable.

Articles similaires

Laisser une réponse

Vous pouvez utilisez ces balises HTML: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>