Le site du centre « Viasna » a été hacké

Le 25 avril 2013, vers 21h00, à la suite d’un accès non autorisé, le sens de certaines publications affichées sur le site du Centre de défense des droits de l’homme Viasna a été modifié : des hackers ont remplacé les titres de plusieurs articles par des titres ayant une signification opposée. Ce changement a été opéré au même instant dans les trois langues : en bélarusse, en russe et en anglais.

En particulier, l’information relative à la signature par Andreï Koureïtchik d’une pétition contre la peine de mort a été inversée : il a été écrit qu’il aurait, au contraire, fait part de son approbation de la peine de mort. Le code de la vidéo liée à cette information a également été modifié, si bien qu’en lieu et place du message vidéo enregistré par Andreï Koureïtchik apparaissait un clip appelant au maintien de la peine capitale.

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De même, une publication concernant la position de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) a été modifiée, de manière à faire croire que la FIDH soutient la politique conduite par les autorités étatiques du Bélarus. D’autres articles ont également ont été modifiés.

En l’espace de 30 minutes, le service d’information de Viasna a réussi à parer les attaques suivantes et à rectifier les informations qui avaient été modifiées.

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Le même jour, le 25 avril, le site de l’ONG « Partisan bélarusse » a également été hacké. Les hackers ont affiché sur la page d’accueil du site un texte menaçant envers tous les sites indépendants : « Nous aurions pu vous écraser depuis longtemps, et aussi la Charte97, et Viasna, et beaucoup d’autres, mais nous vous donnons la possibilité d’exister sous notre contrôle ? Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il est intéressant de savoir qui dit quoi et qui se trouve où. Et maintenant, nous avons entre nos mains la liste des bavards, que nous avertissons une dernière fois : parlez, écrivez, mais ne vous croyez pas tout permis. Ne salissez pas et n’insultez pas la Personnalité. »

Les défenseurs des droits de l’homme rappellent que le 2 mars au soir, le site de la section de Moguilev du Centre de défense des droits de l’homme Viasna avait lui aussi été hacké, et que des intrus y avaient affiché des menaces prétendument exprimées par le défenseur des droits de l’homme Boris Boukhel à l’égard du journaliste Alexandre Bourakov. La sécurité du site avait été violée et les mots de passe du panneau d’administration (back office) avaient été modifiés.

Ces faits ne prouvent qu’une seule chose : les activités des défenseurs des droits de l’homme déplaisent profondément aux autorités actuelles. C’est pourquoi des efforts importants sont entrepris pour causer le maximum de tort aux défenseurs des droits de l’homme et à la société civile dans son ensemble. Il suffit, pour s’en convaincre, de rappeler que les sites des ONG Partisan bélarusse, Charte97 et Viasna ont été inclus dans des listes noires et qu’il est interdit de s’y connecter depuis des bâtiments appartenant à l’État. Cependant, même dans le contexte actuel et obstacles imposés à la libre consultation de ces sites, les autorités restent inquiètes, car elles redoutent toute information véridique concernant la situation des droits de l’homme au Bélarus.

 

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