Valentin Stefanovitch : « Bruxelles ne se fait aucune illusion sur ce régime »

stefanovich-09.04.2013

C’est la conclusion qu’a tirée le directeur adjoint du Centre de défense des droits de l’homme Viasna après sa récente visite dans la capitale de l’Union européenne, où il a pris part aux travaux de la conférence sur le dialogue et la modernisation du Bélarus et à plusieurs entretiens de travail.

 « Pour Viasna en tant qu’organisation de défense des droits de l’homme, il est fondamental qu’une éventuelle reprise du dialogue entre le Bélarus et l’Union européenne ait comme condition préalable la libération et la réhabilitation des prisonniers politiques. Notre but premier est qu’ils retrouvent la liberté. Et, ensuite, qu’ils puissent participer pleinement à la vie civile et politique du pays. Cela implique l’annulation de leurs condamnations qui, conformément à la loi en vigueur, restreignent largement leurs droits, notamment politiques », souligne le défenseur des droits de l’homme.

C’est la position que Valentin Stefanovitch a exprimée à Bruxelles, où il a notamment rencontré le chef de la délégation du Parlement européen pour les relations avec le Bélarus Filip Kaczmarek et des représentants du bureau du Commissaire européen à l’Élargissement et à la politique de voisinage Stefan Füle.

 Pour ce qui concerne la politique de l’Union européenne, Stefanovitch note qu’il existe actuellement une tendance à la reprise du dialogue avec les autorités bélarusses. « Ils disent que beaucoup de gens sont déçus par le fait que les sanctions n’ont pas provoqué la libération des prisonniers politiques et estiment que ces sanctions ne font qu’isoler le pays davantage et le repoussent toujours plus vers la zone d’influence de la Russie ».

« D’un autre côté, à l’issue de ma visite à Bruxelles, je ne vois aucune illusion quant à la nature de ce régime. Personne, là-bas, ne se berce de telles illusions. Ce qu’il restait de la confiance envers Loukachenko et son entourage a pratiquement disparu après le 19 décembre 2010. Je ne pense pas que quiconque, au sein de l’UE, espère sérieusement que les autorités bélarusses vont mettre en œuvre d’elles-mêmes une libéralisation (ou une démocratisation, ou une modernisation, peu importe le terme employé) du système politique du Bélarus », estime le défenseur des droits de l’homme.

D’après Stefanovitch, l’UE se donne à l’heure actuelle pour but principal d’obtenir la libération des prisonniers politiques et la baisse de l’intensité de la répression au Bélarus. Pour l’instant, c’est probablement le maximum qu’il soit possible d’obtenir.

 

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