Des journalistes bélarusses condamnés pour avoir couvert la marche de Tchernobyl

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Les journalistes de Radio Racyja, Henadz Barbarych et Aliaksandr Yarashevich ont passé trois jours d’arrestation administrative après avoir été arrêté à Minsk le 26 avril. Ils couvraient l’action de rue annuelle de l’opposition bélarusse, la marche de Tchernobyl, qui commémore l’anniversaire du désastre nucléaire de Tchernobyl en 1986.

Les deux journalistes ont été arrêtés par des officiers en civil vendredi soir alors qu’ils se rendaient à leur rédaction. La police a soutenu que les journalistes « s’étaient comportés de façon suspecte » et avaient soi-disant résisté par la force à leur arrestation. Barbarych et Yarashevich ont passé le week-end en centre de détention avant de passer en jugement administratif lundi. Le juge Kiryl Paluleh les a condamnés à trois jours de détention chacun pour « résistance illégale à des exigences légitimes de la part d’officiers de police », en dépit du fait que les accusations contre les journalistes étaient uniquement basées sur le témoignage des agents de police.

Barbarych et Yarashevich ont nié les charges, affirmant que les officiers en civils n’avaient pas présenté de carte de police valide et qu’eux-mêmes n’avaient opposé aucun résistance à leur arrestation.

Les deux journalistes ont été libérés lundi soir.

« Je pense que nous avons été arrêtés à cause des photos que nous prenions. Nos appareils photo ont été confisqués puis rendus avec toutes les photos effacées, a déclaré Henadz Barbarych à Radio Svaboda.

Les arrestations et les violences policières à l’encontre des journalistes pendant des rassemblements de rue sont devenues assez fréquentes au Bélarus.

Plusieurs activistes civiques ont également été arrêtés le 26 avril. Ces arrestations de courte durée visaient à empêcher la participation des représentants d’un mouvement écologiste et anti-nucléaire bélarusse au rassemblement. Trois autres militants ont été arrêtés à l’issue de la marche de Tchernobyl : l’un d’eux, Ihar Truhanovich, a été passé à tabac par la police. Iryna Arahouskaya et  Aksana Rudovich, journalistes de Nasha Niva, qui filmaient la scène ont aussi été arrêtées pendant une heure environ avant d’être libérées.

« Les autorités bélarusses continuent à montrer leur brutalité. Ils agissent sans l’impunité pour que les Bélarusses continuent à vivre dans la peur. Une telle violence, illogique et inutile sert de signal pour la société. Elle montre que même si le gouvernement autorise un évènement, il ne soutient pas ses participants et que les gens doivent avoir peur de prendre part à n’importe quelle action de rue d’opposition », a déclaré Uladzimir Matskevich, Président du comité de coordination de la plate-forme nationale de la société civile bélarusse.

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