Marche de Tchernobyl : interpellations des journalistes et des activistes

Une commémoration de la catastrophe de Tchernobyl a lieu tous les ans le 26 avril. Cette année, la manifestation était autorisée et s’est déroulée pacifiquement, à l’exception des interventions des forces de l’ordre.

Avant le rassemblement, plusieurs activistes du mouvement écologique opposés à la construction de la centrale nucléaire ont été mis en détention. Par exemple, la présidente du Conseil d’Ekodom Iryna Sukhiy, ainsi que les activistes Vasil Siniukhin, Kanstantsin Kirylenka and Volga Kaskevich devant leurs domiciles. Ils ont été maintenus au commissariat de Piershamaiski, et libérés dès la fin de la marche de Tchernobyl. D’autres écologistes, maintenus de force dans leurs appartements, ont ainsi été empêchés de prendre part à la manifestation. Ils avaient prévu de protester contre la construction de la centrale nucléaire au Belarus à la marche de Tchernobyl de 2013.

Plus tôt le même jour dans la ville d’Astraviets dans la région de Grodna où la centrale nucléaire est en train d’être construite, le dirigeant du Parti Uni Civique Anatol Liabedzka et plusieurs journalistes qui l’accompagnaient ont été arrêtés à deux reprises. Le militant des droits de l’Homme, Viachaslau Dashkievich, a été arrêté près du commissariat Sovietski où certains détenus ont été emmenés.

A 18h30, les participants se sont réunis près du cinéma Octobre à Minsk. Ils brandissaient des banderoles disant  « Nos vies : le prix de la centrale nucléaire », « Non à la construction de la centrale nucléaire », « L’été 86 a été chaud : pour qui ? ». Des jeunes gens avec des masques en tissu ont distribué des tracts ayant pour titre « Les dépenses budgétaires pour la centrale nucléaire ne laissent rien pour les salaires ». Dans la foule, on pouvait apercevoir les drapeaux de différents groupes de la société civile, «Bélarus européen», le mouvement « Dis la vérité », « Démocratie chrétienne bélarusse », le Front populaire Bélarusse. Les participants en  tête de la manifestation portaient  l’icône de La Vierge Marie de Tchernobyl. Ils clamaient « Longue vie au Belarus », « Non aux centrales nucléaires au Belarus », « Astravietz est le second Tchernobyl » et ont exigé la libération de tous les 11 prisonniers politiques, en citant leurs noms.

Le lieu du rassemblement, place Bangalore, était entouré de barrières en métal et de bandes jaunes. Les unités spéciales (OMON) ont fouillé attentivement chaque participant à la manifestation, l’usage des haut-parleurs n’a pas été permis sur la tribune, en dépit du fait que les organisateurs en avaient obtenu l’autorisation à l’avance.

Pendant le meeting, une résolution a été adoptée qui exige l’arrêt de la construction de la centrale nucléaire d’Astravets et la libération de tous les prisonniers politiques. La fondation du comité écologique national en l’honneur d’ Ivan Nikitchanka a également été annoncée.

Après le rassemblement, le militant du mouvement anarchiste Igar Trukhanovich, a été passé à tabac par quatre officiers des services spéciaux, habillés en civil. Même les journalistes du journal « Nacha Niva », Aksana Rudovich et Iryna Arakhouskay, qui filmaient l’agression d’Igar ont été arrêtées. Elles ont été emmenées dans fourgonnette bleue par des gens qui ne se sont pas présentés puis conduites dans le commissariat. Là, la police a regardé les vidéos tournées par les deux journalistes, puis vérifié leurs papiers d’identité avant de les libérer.

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