Miklos Haraszti appelle les autorités du Bélarus à cooperer pour améliorer la situation des droits de l’homme

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Genève (14 juin 2013) – Miklos Haraszti, Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme au Bélarus, a appelé le gouvernement du Bélarus à coopérer avec son mandat pour améliorer la situation des droits humains dans le pays.

« Les droits de l’homme sont systématiquement limités au Bélarus par différents moyens : décrets, politiques et pratiques », a déclaré M. Haraszti, qui s’exprimait après le renouvellement de son mandat par le Conseil des droits de l’homme pour une année supplémentaire. « Le respect des droits de l’homme reste délibérément bloqué par un système de gouvernance dépourvu de tout contrôle et contrepoids. »

M. Haraszti a rappelé que lors de son premier mandat, il n’a pas pu se rendre au Bélarus et discuter avec les officiels du pays, ses requêtes auprès du gouvernement étant restées sans réponse. L’expert de l’ONU a expliqué avoir recueilli ses informations en échangeant avec une grande variété de sources bélarusses au cours de plusieurs déplacements effectués dans les pays voisins.

M. Haraszti a déclaré être particulièrement préoccupé par les disparitions forcées ; les arrestations et détentions arbitraires ; le harcèlement des opposants politiques et défenseurs des droits de l’homme emprisonnés ; l’utilisation de la torture et d’autres traitements cruels, inhumains ou dégradants ; et la peine de mort, le Bélarus étant le seul pays d’Europe à procéder à des exécutions.

« Le règne de la loi au Bélarus est gravement compromis par des procédures judiciaires opaques qui peuvent aboutir à des exécutions sans aucune garantie légale significative», a dit l’expert de l’ONU.

Il est tout aussi préoccupant que tous les cas de disparitions forcées d’opposants politiques au gouvernement sont restés non élucidés, sans qu’il y ait de conséquences juridiques, a-t-il ajouté.

« Tel est le contexte où le Conseil, par le biais de ce mandat, se doit de soutenir la promotion et la protection des droits de l’homme au Bélarus. »

L’une des questions les plus urgentes est la libération inconditionnelle des militants des droits humains et des opposants politiques emprisonnés sur la base d’accusations pénales fallacieuses, a estimé l’expert de l’ONU.

M. Haraszti a également détaillé des mesures plus larges visant à aboutir à une amélioration durable de la situation. Il s’agit notamment de : garantir l’indépendance de la magistrature et du barreau ; mettre en œuvre des garanties judiciaires entourant les procédures ; mettre fin aux arrestations et détentions arbitraires ; remplacer le système actuellement en vigueur où d’autorisation officielle indispensable pour la tenue des rassemblement et celui d’enregistrement obligatoire pour les associations et les médias par un système où mener ces activités ne néciterait que d’une simple notification déposée auprès des autorités; décriminaliser le travail des ONG indépendantes ; et créer une institution nationale indépendante chargée des droits de l’homme.

« Le règne de loi ne signifie pas régner par la loi », a déclaré M. Haraszti. « La vraie stabilité et la prospérité économique d’un pays reposent sur un respect total des droits de l’homme. J’ai souvent constaté dans ma vie que s’il y a une volonté politique dans ces domaines, les progrès peuvent être mutuellement profitables pour le gouvernement et la société. »

« Je me tiens prêt à assister le gouvernement comme la société, via une coopération pratique et constructive, dans leurs efforts visant à faire progresser les droits de l’homme au Bélarus. »

 

Miklos Haraszti (Hongrie) a été nommé Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme au Bélarus le 1er novembre 2012. Son mandat a été renouvelé le 13 juin 2013 pour un an

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