Des journalistes arrêtés pendant une grève des entrepreneurs à Minsk

Le correspondant de Radio Svaboda Igor Korneï, celui de Narodnaia Volia Ales Sivyï et la journaliste de www.tut.by Natalia Kostioukevitch ont été arrêtés le 27 juin, à Minsk, près de l’un de leurs centres commerciaux de la ville. Selon le site de l’Association des journalistes du Bélarus, le leader de l’ONG « Perspective », Anatoli Choumtchenko, a été arrêté en compagnie des journalistes.

Les journalistes préparaient des émissions sur la grève nationale des entrepreneurs prévue pour le 27 juin. Leur voiture a été bloquée par des individus en civil alors qu’ils se rendaient du marché Zhdanovitchi au centre commercial Parking. Les inconnus ont fait sortir les journalistes de leur véhicule, les ont poussés dans un minibus et emmenés dans un poste de police. Les commissariats Tsentralny et Sovietski ont catégoriquement nié que les journalistes auraient été amenés dans leurs locaux.

Après avoir été détenus pendant environ une heure au poste de police, tous les journalistes ont été libérés sans qu’un procès-verbal soit dressé. Le leader des entrepreneurs Anatoli Choumtchenko a été pour sa part condamné par le tribunal de l’arrondissement Tsentralny de Minsk à cinq jours de détention administrative.

« Une fois de plus, les événements se sont déroulés conformément aux codes des thrillers : une voiture bloquée, des inconnus en civil… Le plus révoltant, c’est le fait que les commissariats ont refusé de confirmer les informations sur les interpellations —, commente la directrice de l’Association des journalistes du Bélarus, Janna Litvina. « Une fois de plus, les forces de l’ordre s’intéressent non pas aux problèmes économiques qui ont poussé les entrepreneurs à faire grève, mais les gens qui rapportent ces événements ».

« Après la visite de la représentante de l’OSCE pour la liberté des médias Dunja Mijatovic, nous nous étions mis à espérer que le rapport des autorités aux journalistes allait évoluer. Mais les faits montrent qu’il n’y a aucune raison de croire à des changements positifs. C’est pourquoi, une fois encore, nous allons essayer d’obtenir de la part du ministère de l’Intérieur une discussion ouverte sur les relations des forces de l’ordre avec les journalistes lors de manifestations de rue, et nous allons de nouveau exiger que la police applique les normes constitutionnelles ».

Le 27 juin s’est tenue au Bélarus une grève préventive d’une journée organisée par des entrepreneurs qui protestent contre l’introduction, le 1er juillet, de normes relatives au règlement technique de l’Union douanière « Sur la sécurité des produits issus de l’industrie légère ». Près de 70 % des entrepreneurs travaillant sur les marchés et dans les centres commerciaux ont respecté l’appel à la grève ce jour-là.

En outre, à partir du 1er juillet, les représentants des petites et moyennes entreprises menacent d’arrêter de payer leurs impôts.
L’explication réside dans l’obligation de certifier les produits de l’industrie légère. Les entrepreneurs auraient obtenu un sursis d’un an. Mais cette rumeur semble très douteuse. Au lieu des certificats, les autorités exigent désormais d’autres documents attestant de l’origine des produits. À noter que les entrepreneurs privés, qui paient une taxe forfaitaire, sont exemptés de l’obligation d’obtenir de tels documents.

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