L’été dans les prisons bélarusses : chaleur étouffante dans les celulles et uniformes noirs

Les épouses des prisonniers politiques bélarusses ont témoigné des conditions de détention en vigueur dans les prisons et colonies du pays.

Depuis la fin du mois de juin, les températures sont très élevées au Bélarus. Certains jours, le mercure est monté jusqu’à 34 degrés. Si une telle chaleur est difficile à supporter pour les habitants des grandes villes, elle est encore plus pénible pour les détenus des prisons et colonies du pays. Le site charter97.org a demandé aux femmes des prisonniers politiques bélarusses comment leurs époux réagissaient à la chaleur qui règne dans les lieux de privation de liberté.

« Avant, Nikolaï se réjouissait de voir le soleil couvrir la quasi-totalité de la cour de promenade. Les détenus pouvaient prendre le soleil et il a même un peu bronzé. Mais je sais que ses promenades ont lieu vers 9 heures du matin, quand il ne fait pas encore trop chaud. Mais si l’on en juge par la situation de l’année dernière, on peut affirmer que dans les cellules il fait très chaud et très lourd. Nikolaï est quelqu’un d’extrêmement positif, et parvient toujours à voir le bon côté des choses. Par exemple, on lui a donné un nouvel uniforme, de mauvaise qualité et fait d’un tissu très fin ; eh bien, il dit qu’avec cette chaleur, c’est exactement ce qu’il lui fallait », — raconte Marina Adamovitch, l’épouse du prisonnier politique Nikolaï Statkevitch.

« Malheureusement, nous n’avons aucune information sur la situation cette année. Ales ne décrit pratiquement pas ses conditions de vie actuelles. Mais je me souviens de l’année dernière, quand il a été classé parmi les « contrevenants récidivistes ». Cet été-là aussi, il a fait très chaud, et il était très dur de le supporter. Les détenus sont obligés de porter des uniformes de couleur sombre. Ales a reçu un blâme pour le seul fait d’avoir enlevé le sien. Et si nous autres, en liberté, souffrons de la chaleur, il faut bien comprendre que la situation des détenus est incomparablement plus difficile. L’un des problèmes permanents, c’est celui que posent les moustiques et les moucherons. Quand leur saison arrive, ils rendent le quotidien invivable. Et l’administration pénitentiaire ne nous autorise pas à transmettre aux détenus des appareils qui font fuir les moustiques. Quand j’ai demandé pourquoi c’était interdit, on m’a répondu que ces appareils n’étaient pas inscrits dans la liste des objets de première nécessité », déplore Natalia Pintchouk, l’épouse du prisonnier politique Ales Bialiatski.

Rappelons que Nilolaï Statkevitch a été candidat à l’élection présidentielle de 2010. Arrêté après la manifestation de masse dénonçant la falsification du scrutin, il a été condamné par le tribunal de l’arrondissement Partizanski de Minsk, le 26 mai 2011, à six ans d’emprisonnement à régime sévère. Le 12 janvier 2012, une décision de justice a encore durci ses conditions de détention. Il a été transféré de la colonie N°17 de Chklov à la prison N°4 de Moguilev.

Ales Bialiatski purge sa peine à la colonie pénitentiaire N°2 de Bobrouïsk, suite à sa condamnation prononcée le 24 novembre 2011. Il a été reconnu coupable de dissimulation de revenus à très grande échelle et condamné à quatre ans et demi d’emprisonnement dans une colonie à régime sévère et à la confiscation de ses biens. Les poursuites pénales le visant ont été basées sur les comptes bancaires qu’il détenait en Lituanie et en Pologne. Le tribunal n’a pas tenu compte du fait que l’argent transitant par ces comptes n’était utilisé qu’à des fins de financement d’activités de défense des droits de l’homme.

Voir plus d’information sur les prisonniers politiques au Bélarus et les conditions de leur détention

Articles similaires

Laisser une réponse

Vous pouvez utilisez ces balises HTML: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>