Zmitser Dashkevich libéré, mais 11 autres prisonniers politiques sont toujours détenus

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La FIDH et son organisation membre au Bélarus, le Centre des droits de l’homme Viasna, saluent la libération, le 28 août, de Zmitser Dashkevich, dirigeant de l’organisation civile et politique Front Jeune, intervenue après qu’il a purgé la totalité de sa peine de prison pour «hooliganisme aggravé » et « multiples refus d’obtempérer aux autorités pénitentiaires ».

La FIDH et Viasna remarquent qu’au cours de ces derniers mois, la situation des droits de l’homme au Bélarus, qui était déjà grave, s’est encore détériorée. La libération de Dashkevich ne devrait en aucun cas être considérée comme un signe d’amélioration. Nos organisations aimeraient attirer l’attention sur le fait que non seulement Dashkevich a accompli sa peine dans son intégralité, mais en plus aucune des charges retenues contre lui n’a été abandonnée. Il sera désormais placé sous la supervision de la police, ce qui autorise les agents de police à lui rendre visite à n’importe quel moment. En outre, s’il venait à devoir répondre d’infractions administratives à trois fois au cours de l’année à venir, il serait condamné à la supervision préventive — un statut synonyme de restrictions plus graves.

« La communauté internationale ne doit pas être dupée. La libération de Zmitser Dashkevich ne reflète pas une amélioration de la situation des droits humains dans le pays », a déclaré le président de la FIDH, Karim Lahidji. « Onze prisonniers politiques, parmi lesquels le président du Centre de défense des droits de l’homme Viasna et vice-président de la FIDH, Ales Bialiatski, sont toujours détenus dans des conditions très dures dans les prisons et pénitentiers bélarusses. Des défenseurs des droits de l’homme, des journalistes et des activistes sont continuellement harcelés par ce régime. Dans ce contexte, la récente suspension, par l’UE, de l’interdiction de visa qui pesait sur le ministre bélarusse des Affaires étrangères, Vladimir Makei, ne trouve aucune justification », a-t-il ajouté.

« De même que d’autres activistes avant lui, tels que Uladzimir Yaromenok et Vasily Parfiankou, Dashkevich risque fort de devoir répondre à l’avenir de nouvelles accusations au pénal. La supervision policière est souvent utilisée comme un moyen de contrôler les activistes politiques et les défenseurs des droits de l’homme après leur sortie de prison », estime le vice-président de Viasna Valiantsin Stefanovich.

Dashkevich avait été condamné une première fois le 24 mars 2011 à deux ans d’emprisonnement pour  des actes d’« holliganisme aggravé » prétendument commis dans les derniers jours de la dernière campagne présidentielle, en décembre 2010. Depuis son arrestation et sa mise sous écrou, il a été transféré à six reprises dans divers lieux de détention et colonies pénitentiaires. Pendant la durée de son emprisonnement, il a fait à de multiples reprises l’objet de pressions physiques et psychologiques. En outre, le 28 août 2012 il a été condamné à un an de prison pour « multiples refus d’obtempérer aux autorités pénitentiaires ».

La FIDH et Viasna appellent les autorités bélarusses à abandonner toutes les charges pesant contre Dashkevich et à rétablir ses droits civils et politiques. Nos organisations appellent également les autorités bélarusses à procéder à la libération immédiate et inconditionnelle de tous les prisonniers politiques.

« Nous appelons aussi l’UE à considérer les décisions d’Alexandre Loukachenko pour ce qu’elles sont réellement, et à ne plus se laisser duper par les chants de sirène du régime », a ajouté Karim Lahidji.

Pour plus d’informations sur les prisonniers politiques au Bélarus, consulter la note publiée par la FIDH et Viasna  La situation des prisonniers politiques critique, quarante militants en liberté restreinte

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