Bélarus: Les limites et les défis de l’émulation par le sport

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Alors que Minsk se prépare à accueillir les Championnats du monde de hockey sur glace en mai 2014, le monde du sport bélarusse fait face à de nombreux défis, illustrant les limites d’un système qui mise sur le sport à des fins essentiellement politiques.

L’émulation par le sport est un ingrédient typique de mobilisation et de contrôle des masses dans un régime populiste. Fidèle aux traditions soviétiques, le gouvernement bélarusse est très attaché aux valeurs véhiculées par le sport –tel l’esprit d’équipe– et souligne constamment l’importance de la culture physique pour garantir la bonne santé physique et morale du corps social. La pratique scolaire et parascolaire d’une activité sportive est encouragée pour prémunir les jeunes contre les fléaux de la drogue et du hooliganisme. Les champions sont cités en exemple dans les médias et ceux qui remportent des succès à l’international encensés par le Président en personne. Ainsi la joueuse de tennis Victoria Azarenka, qui a remporté l’Open d’Australie en 2012, a-t-elle reçu nombre de télégrammes de félicitations de la part d’Alexandre Loukachenko. Quant à la biathlonienne Darya Domracheva, championne du monde 2012 de poursuite, elle avait été décorée de l’ordre de la Patrie de 3e classe avant sa médaille d’or aux JO de Sotchi.

Le secteur du sport fait pourtant face à des problèmes structurels qui obèrent le potentiel du Bélarus en tant que nation sportive. Ils relèvent autant de la (mauvaise) gestion des ressources humaines que du système de subventionnement des clubs et fédérations sportives. La première est en cause dans le vieillissement du vivier de sportifs capables de battre des records mondiaux et de remporter des médailles olympiques, et est aussi indirectement responsable de la banalisation du dopage, notamment chez les jeunes athlètes. Quant au second, en maintenant les clubs sportifs dans un état de dépendance vis-à-vis des deniers publics, il limite leur rentabilité autant que leur compétitivité à l’international. Aucun club bélarusse de football n’est autosuffisant, par exemple, et la limitation du recours au sponsoring fait qu’aucun ne peut rêver d’être rentable, à l’exception notable du BATE Borisov, dont les exploits en Ligue des champions en 2012 ont illustré le rôle que joue un management sportif moderne dans le succès d’une équipe à l’extérieur. La plupart des autres disciplines reines du sport bélarusse connaissent ainsi, régulièrement, de sévères revers. C’est le cas notamment du hockey sur glace, quand bien même il capte à lui seul la moitié des subventions sportives de l’État.

Pour une analyse plus detaillée, voir la suite de l »article d’Anais Marin, publié dans la revue Regard sur l’Est

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