Nouvelle exécution au Bélarus : la condamnation à mort de Ryhor Yuzepchuk a été appliquée.

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Le tribunal régional de Moguilev a annoncé que Ryhor Yuzepchyk a été exécuté. L’homme, âgé de 45 ans, avait été condamné à mort pour avoir tué son compagnon de cellule. Ce dernier aurait parié sa propre vie dans une partie de dominos.

La condamnation à mort de Ryhor Yuzepchyk a été prononcée le 25 avril 2013, mais n’a pas provoqué un grand tollé. Cela s’explique par le peu d’informations disponibles sur l’affaire et l’identité du meurtrier. Longtemps, les autorités n’ont même pas rendu public le nom de l’individu condamné.

Pourquoi le système garde-t-il le silence sur les exécutions ?

Le tribunal régional de Moguilev a condamné Ryhor Yuzepchyk à la peine de mort le 25 avril 2013. Le procès a eu lieu au SIZO (maison d’arrêt) de Moguilev, à huis clos. La Cour suprême a confirmé le verdict.

Le tribunal régional de Moguilev a confirmé au journal Nasha Niva que Yuzepchuk a été exécuté. La date de l’exécution et l’endroit où le corps est enterré n’ont pas été révélés. Le ministère de l’Intérieur a classé ces informations « pour usage officiel seulement ».

Le défenseur des droits humains Andrei Paluda, qui a par le passé travaillé au sein de la police, estime que le secret entourant la peine de mort relève de l’héritage soviétique. « Le NKVD (Commissariat du peuple aux Affaires intérieures dans les années 1920-1940) avait pour pratique de fusiller les gens par milliers. Kurapaty n’en est qu’un exemple parmi d’autres. Á l’époque, le pouvoir avait donné l’ordre de cacher le nombre d’exécutions et de n’informer le public ni de l’identité des personnes abattues ni des raisons pour lesquelles elles avaient été exécutées. Ces instructions ont survécu jusqu’à ce jour. Les corps des personnes exécutées ne sont pas rendus à leurs proches. Ceux-ci ne sont même pas informés du lieu où les corps sont enterrés. Quant au grand public, il n’apprend que des exécutions ont eu lieu que quand les défenseurs des droits humains attirent l’attention sur ces affaires. La position des officiels est invariable : d’après eux, la peine de mort dissuade les criminels de passer à l’acte. Mais, en ce cas, pourquoi dissimuler les exécutions au lieu d’en parler ouvertement ? »

L’organisation internationale de défense des droits humains Amnesty International a interrogé les autorités bélarusses sur cette question. Celles-ci ont répondu que personne n’a été exécuté en 2013. Cela permet de supposer que Yuzepchuk a été exécuté en 2014. D’après Aleh Alkaeu, ancien directeur du SIZO N°1 de Minsk, le peloton d’exécution est généralement réuni pour effectuer plusieurs exécutions en même temps. Cela signifie qu’il est possible que Ryhor Yuzepchuk a été exécuté avec Pavel Sialiun. L’avocat de ce dernier a été informé le 18 avril de l’exécution de son client, « même s’il n’a pas reçu de notification officielle jusqu’ici », indique Paluda.

Qui se trouve dans le couloir de la mort au Bélarus ?

Dans le courant du mois d’avril, en l’espace de deux jours, la Cour suprême a confirmé deux condamnations à mort : celles d’Aliaksandr Grunou, 26 ans, de Gomel, pour le meurtre particulièrement cruel d’une étudiante, et d’Eduard Lykau, 54 ans, pour cinq assassinats commis en neuf ans. Grunou a adressé une demande de grâce au président Loukachenko, ainsi qu’une communication au Comité des droits de l’homme de l’ONU. La situation de Lykau est plus floue. Comme Yuzepchuk, il n’avait pas de lieu de résidence permanent. L’audience à la Cour suprême s’est tenue en présence de sa belle-fille et de son avocat. Mais ils évitent tout contact avec les défenseurs des droits humains et les journalistes.

Le 18 avril, il a été annoncé que Pavel Sialiun, étudiant en histoire âgé de 23 ans, avait été exécuté au nom de l’État. Il avait été condamné pour avoir assassiné son épouse et l’amant de celle-ci. Á ce jour, le tribunal régional de Hrodna qui a prononcé le verdict n’a pas envoyé de notification officielle à la mère de Sialiun. Cependant, l’exécution de son fils lui a été confirmée lors de sa rencontre avec le vice-président de la Cour suprême.

Les défenseurs des droits humains estiment qu’étant donné le secret qui entoure la peine de mort, le nombre total d’exécutions dans l’histoire du Bélarus indépendant n’est pas connu. « Les seules statistiques dont nous disposons concernent les verdicts. Entre 1990 et 2013, 328 personnes ont été condamnées à mort au Bélarus », déclare Andrei Paluda.

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