Sacha Koulaeva : la libération d’Ales est un signe d’espoir pour les défenseurs des droits humains persécutés dans d’autres pays

bialiatski_kulaeva

Sacha Koulaeva, responsable du bureau Europe de l’Est et Asie centrale à la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH), s’est rendue à Minsk le 23 juin pour transmettre à Ales Bialiatski, vice-président de la Fédération, les félicitations de ses collègues du monde entier pour sa libération.

« Bien sûr, c’est une journée très heureuse. Une journée heureuse pour moi personnellement, pour nous tous, pour des dizaines, des centaines de personnes dans le monde entier — pour tous ceux qui se sont battus pour cette libération, et ils ont été très nombreux. C’est une grande joie pour énormément de personnes dans tous les pays d’Amérique latine, d’Asie, d’Afrique et évidemment dans notre région, en Europe de l’Est et en Asie centrale. Mais au-delà de cette joie, nous éprouvons aussi une grande amertume car Ales a passé presque trois ans en prison, ce qui n’aurait jamais dû se produire. Je souscris entièrement à ce qu’Ales a dit lors de sa conférence de presse : nous sommes d’autant plus amers que la situation globale n’a pas changé. Bien que nous soyons follement heureux de le voir en liberté et de nouveau parmi nous, nous n’oublions pas tous ceux qui restent derrière les barreaux, et nous n’oublions pas non plus que tous ceux qui, au Bélarus, agissent pour défendre les droits humains ou s’opposent au pouvoir continuent d’être exposés à ce risque », a déclaré Sacha Koulaeva.

La représentante de la FIDH a également souligné que beaucoup de gens se sont mobilisés pour la libération d’Ales Bialiatski, et qu’à la grande joie de tous, cette libération est intervenue un an et demi avant la fin de sa peine, précisément grâce à la mobilisation de la communauté internationale. « Aux États-Unis, dans les pays de l’Union européenne, partout dans le monde, des gens se sont battus pour cela sans ménager leur peine. Et je pense que c’est une grande victoire. Je suis certaine que ce sentiment est largement partagé. »

Tout au long de la détention d’Ales Bialiatski, la FIDH a fait énormément d’efforts pour obtenir non seulement la libération de son vice-président mais aussi pour soutenir la société civile bélarusse dans son ensemble, en établissant des contacts avec bon nombre de ses représentants. Sacha Koulaeva annonce que la FIDH va continuer de développer ses activités relatives au Bélarus. « Sans aucun doute, nous pouvons à présenter travailler encore plus sur ce dossier, car à présent nous avons Ales à nos côtés, et son énergie, son courage et sa détermination nous donnent encore plus de force et d’espoir. » Pour elle, la libération d’Ales Bialiatski constitue un signe d’espoir non seulement pour le Bélarus mais aussi pour d’autres sociétés répressives. « Sa libération est aussi un grand signe d’espoir qui montre qu’il ne faut jamais abandonner, que nos efforts, même s’ils semblent parfois vains, finissent par porter leurs fruits. Et je pense que c’est ainsi que cette nouvelle est interprétée par ceux qui se trouvent encore en prison au Bélarus, et par les défenseurs des droits humains qui, dans d’autres pays, continuent d’être persécutés. Ces derniers jours, beaucoup de gens ont félicité Ales pour sa libération, mais ils ont aussi été très nombreux à s’en congratuler mutuellement. Je pense que cela en dit long. Cette nouvelle nous donne du cœur à l’ouvrage et nous rend plus forts.

Il reste encore énormément de choses à faire en matière de droits de l’homme au Bélarus, et ce travail va bien sûr continuer, grâce à tous les contacts établis au cours de ces dernières années, grâce à tout le travail, considérable, déjà accompli. Et même si la situation générale demeure tragique, le fait que ces contacts soient aujourd’hui plus étroits que jamais est indéniablement un facteur positif. La solidarité s’est accrue, au niveau tant national que régional ou international. Et j’ai bon espoir que cette solidarité ne s’affaiblira pas à l’avenir. »

Rappelons que depuis 2004, le Centre de défense des droits humains Viasna est membre de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH), dont le siège se trouve à Paris. En 2007, Ales Bialiatski est devenu le premier vice-président de la FIDH à être originaire d’Europe de l’Est. Il a été réélu à deux reprises à ce poste : une première fois en 2010, puis en 2013, alors qu’il se trouvait en prison.

Articles similaires

Laisser une réponse

Vous pouvez utilisez ces balises HTML: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>