Le fils d’un blogueur condamné à trois ans de restriction de liberté et à une lourde amende

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Le procès d’Aliaksei Zhalnou, fils du blogueur local Aleh Zhalnou, tenu devant le tribunal de Babrouïsk, s’est achevé le 18 juillet.

La juge Yuliya Beraziuk a condamné l’homme de 25 ans à trois années de détention dans une colonie pénitentiaire ouverte. Aliaksei Zhalnou devra également s’acquitter d’une amende de 50 millions de roubles (environ 5 000 dollars) de dommages et intérêts. Le plaignant, un policier chargé de la circulation du nom d’Aliaksandr Butouski, avait demandé que Zhalnou soit condamné à lui verser 100 millions de roubles, tandis que le procureur avait requis contre le fils du blogueur une peine de quatre ans d’emprisonnement dans une colonie pénitentiaire fermée. Aliaksei Zhalnou a dix jours pour faire appel du verdict.

Aliaksei Zhalnou a déjà été condamné au pénal par le passé, ce qui pourrait être un facteur aggravant dans son dossier. Le jeune homme a déclaré que c’est à cause de cet élément de sa biographie que la police de la route l’a pris pour cible afin de se venger de son père. Aliaksei clame son innocence.

Aliaksei Zhalnou a été condamné à la suite d’un incident survenu le 4 septembre 2013. Ce jour-là, il avait été interpellé, de même que son père. Selon l’acte d’accusation, il aurait infligé une commotion cérébrale au capitaine de police Aliaksandr Butouski (il l’aurait frappé à la tête, ce que le jeune homme nie).

Aliaksei Zhalnou affirme que toute cette histoire a été inventée de toutes pièces pour la police afin de se venger des posts publiés par son père sur les forces de l’ordre.

Les défenseurs des droits humains attirent l’attention sur certaines divergences dans les dépositions du plaignant : d’abord, le capitaine a déclaré aux infirmiers l’ayant pris en charge qu’il avait été frappé à la tête alors qu’il se trouvait à l’extérieur, puis il a changé de version et assuré que l’événement s’était produit à l’intérieur du bâtiment de la police de la route. En outre, le capitaine est arrivé à l’hôpital au volant, alors qu’il est généralement impossible de conduire avec une commotion cérébrale.

Rappelons que le 4 septembre 2013, le blogueur et son fils ont rapporté à la police de la route qu’un véhicule de police était stationné à un endroit gênant, ce pour quoi ils ont été interpellés. En janvier 2014, des poursuites pénales ont été enclenchées contre le fils du blogueur en vertu de l’article 364. Entre-temps, leur appartement avait été fouillé à plusieurs reprises, et le blogueur avait été condamné pour injure à dépositaire de l’autorité publique. Les défenseurs des droits humains affirment que les méthodes employées pour faire pression sur le blogueur remontent à l’époque soviétique : lorsque les autorités souhaitent emprisonner une personne qui dérange, il suffit de l’accuser d’avoir agressé un agent de police.

La mère d’Aliaksei Zhalnou, Yauheniya, est elle aussi poursuivie au pénal en vertu du même article 364, « violences ou menaces de violences à l’égard de fonctionnaires du ministère de l’Intérieur ».

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