POURQUOI ALES BIALIATSKI EST-IL EN PRISON ?

Arrêté le 4 août 2011 sous le motif d’« évasion fiscale à grande échelle », Ales Bialiatski est condamné pour ses activités de défense des droits de l’homme.

Le contexte de son arrestation

Comme le souligne Ales dans son discours au procès, son arrestation intervient à un moment de fortes tensions. La réélection contestée du président Loukachenko en décembre 2010 se solde par une répression sans précédent contre l’opposition politique et la société civile. Une profonde crise économique suscite des vagues de protestation « silencieuse », à défaut de pouvoir manifester à voix haute.

Dans ce contexte fortement répressif, les organisations de défense des droits de l’homme s’investissent davantage pour apporter une aide légale et matérielle aux victimes politiques. De ce fait, elles deviennent des cibles principales des appareils judiciaires et fiscaux.

Pourquoi cette accusation ?

Privé de son enregistrement officiel en 2003, le Centre des droits de l’Homme Viasna ne peut plus recevoir de fonds étrangers sur un compte bélarusse. Pour assurer le financement des activités du centre, Ales décide d’ouvrir des comptes à l’étranger à son nom tout en maintenant un contrôle strict sur les sommes versées.

Grâce aux informations bancaires que livrent la Pologne et la Lituanie, les autorités bélarusses présentent ces fonds comme ses revenus personnels, soumis à la déclaration et à l’imposition au Bélarus. En l’absence de toute déclaration, Ales est accusé d’« évasion fiscale à grande échelle ».

Or, comme Vice-président de Viasna Valentin Stefanovitch l’explique dans son article Pourquoi Ales est-il en prison? :  « Nous disposons de preuves incontestables du fait que cet argent ne peut en aucun cas être considéré comme le revenu personnel d’Ales Bialiatski ».

Le procès

Le procès qui se déroule en novembre 2011 est de toute évidence de nature politique. Il a été suivi par l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’homme (programme conjoint de la FIDH et de l’OMCT) et quelques rares organisations internationales parvenues jusqu’à Minsk, malgré le refus massif de visas aux observateurs.

À l’issue du procès, Ales est condamné à 4,5 ans de détention en colonie pénitentiaire à régime sévère et à la confiscation de ses biens, y compris des locaux de Viasna.

Ce procès inéquitable a été unanimement dénoncé par la communauté internationale. L’Union européenne l’a qualifié de « manifestation très visible et symbolique de la répression qui frappe la société civile au Bélarus ».